Cauchemars Finlandais: Regard sur l'avenir des soins de santé mentale

Dans notre Rapport des Tendances 2023 ‘Bien-être & Durabilité’, nous dressons la feuille de route vers un avenir prospère et durable pour les entreprises. Dans cette série de blogs, l’analyste de tendances Herman Konings transpose quant à lui cet avenir dans le présent à l’aide de quelques tendances notables au niveau international.

Dans ce blog : Regard sur l’avenir des soins de santé mentale.

Alors que les niveaux d’anxiété augmentent et que les jeunes prennent de plus en plus conscience de l’omniprésence des problèmes de santé mentale, on assiste à l’émergence d’une culture d’ouverture sur ces problèmes. Au cours de la dernière décennie, l’anxiété a supplanté la dépression comme cause la plus fréquente pour laquelle les étudiants, dans le monde entier, font appel aux services d’urgence. Girl Up, une fondation des Nations unies qui a interrogé plus de 3.500 jeunes filles dans sept pays, a découvert que près de trois-quarts d’entre elles, encouragées en cela par des célébrités comme Billie Eilish, Justin Bieber et Simone Biles qui se sont ouverts publiquement sur leurs propres démons, souhaitent un dialogue plus ouvert sur la santé mentale.

Yamikawaii

Les générations précédentes ont adopté vis-à-vis de la santé mentale une politique de déni et de tabou. Aujourd’hui, les adolescents partagent leurs histoires en ligne et créent des organisations pour aborder ces problèmes. En Asie, où les tabous ont la vie dure, des communautés de jeunes s’organisent pour dédiaboliser les pensées sombres. Le Yamikawaii est une sous-culture japonaise qui recourt à une esthétique que l’on peut qualifier de ‘maladivement mignonne’ – en y associant des seringues, des pilules et du matériel de bondage – dans le but précisément de parler de la détresse émotionnelle. En Chine, on assiste à quelque chose de comparable, avec des adolescents introvertis qui s’identifient à Matti, un personnage de dessin animé finlandais qui rougit beaucoup et se comporte maladroitement en société. Il a du mal à se mettre en avant, n’est pas très doué pour engager la conversation et redoute de s’asseoir à côté de quelqu’un dans le bus. Le timide Matti, personnage principal du dessin animé Finnish Nightmares de Karoliina Korhonen qui incarne le stéréotype du Finlandais, a conquis le cœur de nombreux introvertis en Finlande, mais aussi – grâce à Internet – en Chine. Matti a même inspiré un nouveau terme en mandarin : ‘jingfen’ (精芬), ce qui signifie ‘Finlandais spirituel’.

Longues listes d’attente

Les services de psychiatrie pour la jeunesse de tout le pays, ainsi que les psychologues pour adolescents et étudiants, font état de listes d’attente d’une longueur sans précédent. La Vlaamse Vereniging van Klinisch Psychologen (Association flamande des psychologues cliniciens) a même signalé en 2021 que de plus en plus de psychothérapeutes flamands étaient contraints de clôturer leurs listes d’attente, ce qui signifiait concrètement que les derniers patients à avoir obtenu un rendez-vous en avaient pour près d’un an avant d’être reçus en consultation ! Ici aussi, le Covid a contribué à surcharger encore un peu plus l’agenda des psychothérapeutes. Nécessité faisant loi, de nombreuses personnes qui ont courageusement franchi le pas de recourir aux soins de santé mentale dressent à présent le constat – et sont tout disposées à le partager avec le monde entier – qu’elles l’ont très bien vécu. Et qu’il n’y a pas lieu d’en avoir honte ! La crise a donc provoqué une surcharge de travail pour les professionnels de la santé mentale, ce dont se sont largement fait l’écho les médias, contribuant ainsi quant à eux à démystifier l’aide psychologique professionnelle.

Le fait que, ces dernières années, de nombreux sportifs de haut niveau acceptent d’attribuer en partie leurs succès aux psychologues du sport et au coaching mental n’y est pas étranger non plus. À la télévision aussi, les émissions de téléréalité et de rencontre font de plus en plus fréquemment appel à des psychologues, ce qui profite également au secteur des professionnels de la santé mentale (et donc au bien-être psychologique de toute une société). Somme toute, on peut affirmer non sans une certaine fierté que les soins de santé mentale ont le vent en poupe, tant en ce qui concerne le nombre de bénéficiaires de soins que le nombre d’inscriptions aux formations professionnelles en psychologie clinique et en psychiatrie.

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