Du bien-être avec une bonne dose de science

La mission de B-Tonic, filiale de Baloise Insurance, est aussi claire que noble: faire en sorte que les gens se sentent bien au travail. La start-up opte pour une approche globale fondée sur des données scientifiques. Double entretien avec Kathleen Vangronsvelt, professeure à l’Antwerp Management School, et Siviglia Berto, Managing Director de B-Tonic.

Les employés en bonne santé mentale et physique ont plus d’énergie, sont plus concentrés, jouissent d’un système immunitaire plus solide et sont moins stressés. Cela les rend plus productifs. C’est pourquoi B-Tonic adopte une vision holistique des personnes et de leur environnement. “Nous ne répondons pas à une mode, nous travaillons à partir de données et de faits scientifiques”, précise Siviglia Berto. “Sur cette base, nous élaborons des programmes pratiques et gérables autour de cinq piliers:   dirigez sainement, pensez sainement, bougez sainement, dormez sainement et mangez sainement.”

« La pandémie a eu un effet positif sur la confiance entre employeur et employé. Les employeurs ont appris à faire encore plus confiance à leurs employés.« 

Kathleen Vangronsvelt
Professeure à l’Antwerp Management School

Une question de confiance

Afin d’alimenter et d’améliorer en permanence ses programmes Wellbeing Works, B-Tonic travaille en étroite collaboration avec des partenaires tels que l’Antwerp Management School. La Pr Kathleen Vangronsvelt y dirige l’étude “Impact du Covid-19 sur les entreprises” depuis avril 2020, via des enquêtes en ligne menées en plusieurs vagues auprès des employeurs, professionnels des RH et employés belges.

La question-clé de l’étude était celle-ci: quel est l’impact de la pandémie sur le bien-être des employés et l’organisation du travail? Cette étude a donné lieu à un premier livre blanc. Qu’a-t-il démontré? La pandémie de coronavirus a profondément modifié les règles du jeu sur le lieu de travail. Plus de quatre employeurs sur cinq s’inquiètent ainsi de la santé mentale de leur personnel et de l’augmentation de l’absentéisme.

“Beaucoup d’entre eux ont rencontré des difficultés mais ont tenu le coup”, déclare Siviglia Berto. “Nous avons également remarqué que la pandémie a eu un effet positif sur la confiance entre employeur et employé. Il y a beaucoup de bonne volonté, des deux côtés. Les employeurs ont appris à faire encore plus confiance à leurs employés. Tout dépend du ‘contrat psychologique’ conclu entre les deux parties. Puis-je faire une demi-heure de jogging entre deux réunions? M’habiller de manière décontractée lors de réunions virtuelles? Tout l’art consiste à conclure des accords clairs. Il n’y a pas de one size fits all en la matière. Vous ne pouvez offrir à tout le monde des activités sportives ou des séances de renforcement de la résilience. D’où l’importance de nos cinq piliers.”

Kathleen Vangronsvelt, Professeure à l’Antwerp Management School
Nouvelles compétences

Autre constatation: la pandémie a donné un coup de fouet à la courbe d’apprentissage du personnel. “En raison des nouvelles méthodes de travail, de nombreux employés ont développé de nouvelles compétences numériques”, pointe Siviglia Berto. “Il est très agréable de voir que les différentes générations se renforcent mutuellement à notre époque.”

Kathleen Vangronsvelt acquiesce: “Nous devons vraiment prendre conscience de ce que nous avons appris, du chemin que nous avons parcouru. Cela devrait nous rendre suffisamment confiant pour ne pas craindre l’avenir. Les employés ont acquis de nombreuses compétences professionnelles spécifiques, résolu des problèmes complexes et fait la preuve de leur capacité d’adaptation.”

Rentrez chez vous avec plus d’énergie

Les lieux de travail hybrides représentent un défi de taille pour les employeurs. “Il y a désormais tant de formules possibles qu’il faut de bons leaders pour créer un cadre clair”, prévient Siviglia Berto. “Sinon, le lieu de travail hybride signifiera: faites comme bon vous semble. Tout le monde ne peut ou ne veut pas travailler à domicile. Et à l’inverse, si le responsable laisse ses employés décider, certains pourraient ne plus travailler que depuis leur foyer. À long terme, cela aurait un effet néfaste sur leur propre bien-être, mais aussi sur leur engagement vis-à-vis de l’entreprise.”

« La crise du coronavirus a mis en évidence l’importance du bien-être. Investir dans la santé reste la meilleure assurance.« 

Siviglia Berto
Managing Director de B-Tonic

L’étude a surtout démontré que le besoin humain de solidarité reste soumis à une forte pression. “Ne laissez pas vos employés perdre pied lors du rétablissement des liens”, conseille Kathleen Vangronsvelt. “Pas seulement parce que les gens ont besoin d’appartenance à un groupe, mais aussi parce que, parfois, il est nécessaire d’être ensemble physiquement pour trouver les meilleures idées lors d’un brainstorming créatif. Ou par sérendipité: lorsque vous trouvez ensemble quelque chose que vous ne saviez pas que vous cherchiez.”

“J’appelle cela notre instinct de mammifère”, conclut Siviglia Berto. “Cet instinct nous pousse à vouloir nous sentir et nous voir. Il est crucial que, lorsque les gens se rencontrent physiquement sur le lieu de travail, ils rentrent chez eux avec autant, voire plus, d’énergie, sinon votre culture d’entreprise n’est pas bonne. Et heureusement, nous osons maintenant dire: j’ai eu une journée difficile. Autrefois, c’était impensable.”

Source: L’Echo

Voulez-vous faire partie de la communauté ?
Laissez vos coordonnées et nous vous contacterons bientôt.