Solution à la pénurie d'eau: Une goutte d'eau dans l'océan ?

Herman Konings

Dans notre Rapport des Tendances 2023 ‘Bien-être & Durabilité’, nous dressons la feuille de route vers un avenir prospère et durable pour les entreprises. Dans cette série de blogs, l’analyste de tendances Herman Konings transpose quant à lui cet avenir dans le présent à l’aide de quelques tendances notables au niveau international.

Dans ce blog : Comment éviter une pénurie d’eau imminente grâce à l’innovation ?

 

L’accès à l’eau potable constitue un problème mondial. Même si les perspectives d’avenir dans ce domaine semblent évoluer positivement, les progrès ne seront pas suffisants pour faire face à la croissance démographique et au changement climatique. L’ONU a calculé qu’un quart de la population mondiale – 2 milliards de personnes – vit dans des pays confrontés à de graves pénuries d’eau.

Alors que l’eau se fait de plus en plus rare, sa toxicité suscite également de vives inquiétudes au niveau mondial. Selon l’Université de Stockholm, l’eau de pluie est aujourd’hui impropre à la consommation dans le monde entier en raison des ‘forever chemicals’ (PFAS[1]) qu’elle contient, à savoir des produits chimiques qui ne se dégradent pas dans l’environnement et qui se retrouvent dans les biens de consommation tels que les ustensiles de cuisine, les emballages alimentaires, l’électronique et les produits pharmaceutiques.

 

Douche sans eau

Face à l’inquiétude que suscite le manque d’eau, mais aussi pour préserver la santé de la peau, un mouvement anti-douche connaît un succès croissant. Il existe en effet depuis quelques années un mouvement (informel) de consommateurs qui promeut la ‘waterless beauty’. Des études biomédicales révèlent que trop se doucher est susceptible d’endommager le microbiote humain, donc l’appel des autorités à prendre moins de douches et de bains pour lutter à la fois contre la crise énergétique et contre le problème de la sécheresse est aussi bénéfique pour la santé de notre peau. Le Genetic Science Learning Center de l’Université d’Utah affirme que le fait de perturber notre écosystème microbien peut provoquer des maladies. Se laver trop souvent risque d’endommager ces micro-organismes, qui sont vitaux pour notre santé.

Les dermatologues recommandent en outre de limiter le nombre de douches à trois maximum, sachant qu’un lavage trop fréquent peut être nocif pour les cheveux, provoquer de l’acné, aggraver les allergies et assécher la peau, ce qui peut à son tour entraîner des infections cutanées et de l’eczéma.

 

Bill Gates

Dans la lutte contre le gaspillage de l’eau, les gouvernements et les ONG sont épaulés par certains acteurs commerciaux et par de riches organisations philanthropiques, comme celle de Bill Gates. Le multimilliardaire américain a par exemple conclu une joint-venture avec l’entreprise électronique sud-coréenne Samsung afin de développer un prototype de toilettes sans eau pour les ménages. Ces toilettes sont conçues pour évacuer les excréments humains sans … euh … tirer la chasse d’eau.

« Les toilettes conventionnelles à chasse d’eau n’ont pas beaucoup changé depuis leur invention en 1596 par le Britannique John Harington, » a déclaré la Fondation Gates dans un communiqué. Si de nombreux progrès ont été réalisés avec l’avènement des égouts souterrains et des stations d’épuration, ces technologies complexes, coûteuses et difficiles à gérer n’ont guère de sens dans les pays en développement, où un milliard de personnes sont encore obligées de se soulager à l’air libre.

 

L’innovation est généralement lente et très onéreuse, mais les esprits des entreprises et des innovateurs, qui interviennent là où les gouvernements échouent à trouver des solutions contemporaines et holistiques, sont indéniablement en train de mûrir. Depuis les produits sans chasse d’eau jusqu’aux systèmes de filtration en passant par les innovations anti-douche, l’avenir de l’eau saine et propre réside dans les progrès technologiques et l’action collective.

[1]PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) est le nom collectif pour désigner plus de 6.000 composés chimiques synthétisés par le corps humain. Le PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) fait lui aussi partie de la famille des PFAS.

 

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